Année
2025-2026
79 Au - Or - CPE Lyon - 2025-2026 - Partie 2 selon le scenario Business as usual
3. Demain et ailleurs
Une fois que vous avez identifié dans la littérature des scenarios pertinents pour les demandes à venir de votre élément, traitez chaque scénario séparément. Il est particulièrement important d'expliciter le(s) scenario(s) qui nourrissent vos réponses et de qualifier ce scenario, c'est ce qui vous est demandé en section 3.2. « qualification du scénario ».
La section 3.1 «Pourquoi commencer en parlant de Scénarios? » vous explique un peu plus comment faire pour qualifier.
3.1 Pourquoi commencer en parlant de Scénarios ?
La qualification du scénario peut s'appuyer sur la compréhension des modes de vie, des choix techniques, des gouvernances et des dynamiques économiques qui sous-tendent ce(s) scenario(s). Pour ce travail de "qualification" du scenario qui vous sera demandé en 3.2 : nous avons adopté une grille possible, celle proposée par l'ADEME ex. Site de l'ADEME : les futurs en transition :
- 🌿 " génération frugale"
- 🤝 "coopérations territoriales"
- 💚 "technologies vertes"
- 🔧 "pari réparateur"
- ⚠️ et nous y avons ajouté le « Business as usual »
Il y en a d'autres.
Cette section ne requiert pas que vous rédigiez du contenu, juste que vous en preniez connaissance et que vous l’utilisiez surtout pour remplir la section 3.2
Les réponses à des questions telles que “Est-ce que il y aura des difficultés d’approvisionnement de cet élément dans 20 ans?” impliquent toujours des hypothèses de scénarios.
L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), un organisme public qui accompagne l’État français dans la transition écologique, a proposé quatre chemins “types” cohérents qui présentent de manière volontairement contrastée des options économiques, techniques et de société pour atteindre la neutralité carbone en 2050 (v. figure 3.1.1). [WEB-ADE-2021]
- Le scénario 1 « génération frugale » propose une transition conduite principalement par la contrainte et la sobriété.
- Le scénario 2 « coopérations territoriales » décrit une société qui se transforme selon une gouvernance partagée.
- Le scénario 3 « technologies vertes » indique le choix d’une innovation mise au service de systèmes énergétiques décarbonés.
- Le scénario 4 « pari réparateur » déploie une société qui place sa confiance dans la capacité à réparer les systèmes sociaux et écologiques.

Figure 3.1.1. Les quatre scenarios de décarbonation proposés par l'ADEME dans "Prospective - Transitions 2050 - Raport [WEB-ADE-2021]
Pour le travail qui suit, on utilisera ce travail et ces quatre chemins contrastés, pensés pour la décarbonation, aussi pour qualifier les scenarios qui sous tendent les analyses de disponibilité à venir autour de l’élément en discussion. L’idée étant de reconnaître des éléments structurant des scenarios qui seront discutés: dans le scenario il y a t il une forte confiance (explicite ou implicite) vis à vis de la capacité de la technologies à apporter des solutions ? Dans le scenario il y a t il un fort accent sur la contrainte individuelle vis à vis de l’existant vers plus de sobriété? Etc etc ? Nous avons ajouté à ces 4 qualificatifs qui se refont aux quatre scénarios de l’ADEME : « frugal » « coopératif» « vert » et « réparateur » le cinquième « business-as-usual », qui caractérisera les scenario qui ne prévoient pas de changements vis-à-vis de l’actualité ( pas d’objectifs de neutralité carbone par exemple) Figure 3.1.2.

Figure 3.1.2. Les cinq qualificatifs utilisés ici pour qualifier les scenarios qui serviront à prévoir les tensions éventuelles autour du cycle de l’élément chimique en revue , les quatre premiers étant inspire des scénarios décrits par l'ADEME dans "Prospective - Transitions 2050 - Rapport “ [WEB-ADE-2021]
Références section 3.1:
[WEB-ADE-2021] https://www.ademe.fr/les-futurs-en-transition/les-scenarios/
3.2 Qualification du scenario
Nommer le scenario de la littérature que vous avez choisi pour répondre à la section 3.3 « Description des demains attendus pour le cycle de l’élément ». Ce scenario traite du futur de l’élément en revue ( quels usages à venir ? quels nouveaux accès aux ressources sont hypothisées ? , quelles prévisions sur les tensions éventuelles ? …). Identifier des points en commun avec les descriptions des scenarios de l’ADEME présentés en section 3.1 et Identifier parmi les cinq qualificatifs lequel s’adapte mieux au scenario que vous avez choisi ( « frugal » « cooperatif » « vert » réparateur » « business-as-usual »). Si la littérature dispose de plusieurs travaux autour de scénarios pour la demande à venir de l’élément, ceux-ci peuvent être traités ensemble dans les sections suivantes (3.2, 3.3 et 3.4), si ces scenarios appartiennent au même type (ils sont tous de scenario de type « technologies vertes » par exemple) . Si par contre il y a plusieurs scenarios disponibles dans la littérature et ces scenario appartiennent à des qualificatifs différents ( ex. scenario « a » est de type « business as usual » et la famille de scenarios « b » et « b’ » est de type « frugal ») chaque type de scenario doit faire l’objet d’une analyse à part entière (3.2.a, 3.3.a et 3.4.a pour scenario a, 3.2.b, 3.3.b et 3.4.b pour famille de scenario b,b’et b’’ …).
Choix parmi les 5 scénarios
Business as usual
Références section 3.2:
[[DOC-SHE-2025] Mineral Commodity Summeries, Kristin N. Sheaffer, consulté le 25/03/2026 https://pubs.usgs.gov/periodicals/mcs2025/mcs2025-gold.pdf
[WEB-AUC-2026], prévision du cours de l’or : tendances et perspectives futures, https://www.aucoffre.com/cours-or/previsions
Explications sur ce choix de scenario
Le scénario BAU sur l'or s'inscrit dans la logique des scénarios de l'ADEME qualifiés de « tendanciels » : la demande continue de croître, la technologie est sollicitée pour résoudre les contraintes d'offre, mais les transformations structurelles des modes de consommation n'ont pas lieu.
Contrairement aux scénarios de rupture de l'ADEME qui prévoient une réduction drastique de la demande en matières premières via la sobriété, le scénario BAU sur l'or ne remet pas en cause l'usage ornemental ni l'accumulation patrimoniale du métal. Il ne s'accompagne d'aucune politique de bouclage des flux (recyclage systématique, éco-conception des produits électroniques contenant de l'or) suffisamment ambitieux pour compenser le tarissement des gisements primaires. En cela, il se distingue nettement des scénarios « S3 » et « S4 » de l'ADEME, où la gestion sobre des ressources est intégrée dès la conception des systèmes industriels.
Le scénario BAU sur l'or peut être qualifié de scénario de raréfaction progressive sous tension diffuse. Il ne s'agit ni d'un effondrement soudain ni d'une abondance retrouvée, mais d'un resserrement lent et inégalement distribué des conditions d'accès à la ressource. Ce scénario est caractérisé par :
• Une continuité des usages sans transformation structurelle de la demande ;
• Une pression haussière persistante sur les prix, soutenue par la raréfaction de l'offre primaire et la montée des coûts d'extraction ;
• Une inégalité d'accès croissante entre les acteurs industriels solvables (électronique, finance) et les usages populaires (joaillerie, épargne dans les pays émergents) ;
• Une dépendance accrue au recyclage comme variable d'ajustement, sans qu'une politique coordonnée ne l'organise à l'échelle mondiale [WEB-AUC-2026].
3.3 Description des demains attendus pour le cycle de l’élément
Nous utilisons le pluriel - demains - parce que si des scenarios qualitativement différents existent (ex. des scenarios 'frugaux' et des scenarios 'verts') ils est possible que des demains différents se dessinent
Ceci dit, comme expliqué plus haut, vous traiterez séparément les scenarios qualitativement différents et ensemble les scenarios apparentant à la même famille( ex. tous qualitativement « frugaux »).
Exemples d'Informations attendues : Quelles sont les demandes futures attendues dans le cadre d'un/de scenario(s) « de transitions » pertinent(s) : demandes futures et production ? Bouclage possibles ? comment : techno "émergentes" et/ou voies de substitution et /ou de réduction
Description des demains attendus pour le cycle de l’élément
Le scénario « Business as Usual » (BAU) postule la continuité des tendances actuelles : pas de rupture technologique majeure, pas d'effondrement systémique, mais une lente progression des tensions sur les ressources dans un monde globalisé qui demeure fondamentalement organisé autour des mêmes logiques économiques et géopolitiques.
Dans ce cadre, l'or occupe une position singulière. Il est à la fois matière première industrielle, réserve de valeur monétaire et bien de prestige culturel — trois fonctions difficilement dissociables, et toutes trois en tension croissante avec la réalité géologique d'un métal dont l'extraction devient structurellement plus difficile. En 2024, la production mondiale d'or a été estimée à 3 300 tonnes, contre 3 250 tonnes en 2023, avec la Chine, la Russie, l'Australie, le Canada et les États-Unis comme principaux producteurs, représentant ensemble 41 % de la production mondiale [DOC-SHE-2025]. Ce rythme d'extraction, stable depuis plusieurs années, bute désormais sur des limites géologiques et économiques de plus en plus visibles.
Demande : une diversification croissante sous tension
La consommation mondiale d'or se répartit entre la joaillerie (45 %), les banques centrales et institutions (21 %), les lingots physiques (19 %), les pièces officielles et médailles (7 %), l'électronique et l'électricité (6 %) et d'autres usages (1 %) [DOC-SHE-2025]. Dans un scénario BAU, cette structure de demande se maintient, avec une montée progressive de l'usage industriel — notamment électronique — tirée par la numérisation de l'économie mondiale.
L'or est en particulier recherché pour la joaillerie, pour des composants électroniques en raison de sa conductivité et de sa résistance à la corrosion, ainsi qu'en médecine, notamment dans certains traitements [WEB-PRA-2026].
Offre : vers une raréfaction structurelle
Les réserves mondiales d'or économiquement exploitables sont estimées à 64 000 tonnes [DOC-SHE-2025]. À raison de 3 000 à 3 300 tonnes extraites annuellement, les réserves connues seraient théoriquement épuisées d'ici à la décennie 2040–2050 en l'absence de nouvelles découvertes majeures. Cette pression n'implique pas une pénurie physique absolue — l'or est quasi infiniment recyclable — mais elle génère une hausse structurelle des coûts marginaux de production, qui se répercute sur les prix.
Une découverte récente vient cependant nuancer ce tableau. Des chercheurs ont décrit un phénomène de « fuite géochimique active » : des éléments du noyau terrestre s'échappent lentement sous l'effet de la chaleur et de la pression, transportant des métaux comme l'or, le platine et le tungstène vers la croûte. Un gisement spectaculaire illustre ce processus, découvert à Wangu en Chine : plus de 1 000 tonnes d'or à 3 kilomètres de profondeur, évaluées à 73,6 milliards d'euros [WEB-PRA-2026]. L'extraction à grande échelle de ce type de gisement est envisagée entre 2030 et 2035. Ces découvertes, prometteuses, ne modifient toutefois pas fondamentalement l'équation dans un scénario BAU à court terme : les délais de mise en exploitation restent longs et les coûts de forage ultra-profond considérables.
Tensions d'accès et dynamiques géopolitiques
Dans le scénario BAU, les tensions autour de l'accès à l'or se cristallisent autour de plusieurs axes. D'un côté, une concentration de la production dans quelques États (Chine, Russie, Australie), qui confère un pouvoir d'influence croissant à ces acteurs. De l'autre, une pression réglementaire et environnementale grandissante qui renchérit les coûts d'extraction dans les pays à haute gouvernance, déplaçant progressivement la production vers des juridictions plus permissives — au prix d'impacts sociaux et écologiques documentés. [WEB-PHO-2025]
Références section 3.3:
[[DOC-SHE-2025] Mineral Commodity Summeries, Kristin N. Sheaffer, consulté le 25/03/2026 https://pubs.usgs.gov/periodicals/mcs2025/mcs2025-gold.pdf
[WEB-AUC-2026], prévision du cours de l’or : tendances et perspectives futures, https://www.aucoffre.com/cours-or/previsions
3.4 Impacts attendus
Impacts pressentis du déploiement visé ( impacts qui peuvent intervenir au niveau de extraction/ transformation/ distribution/ utilisation/ fin de vie/ recyclage)
Impacts attendus
Dans le cadre d'un déploiement BAU, les projections de prix reflètent la tension entre offre contrainte et demande soutenue. Pour 2030, les projections disponibles situent le cours de l'or entre environ 4 150 $ l'once dans le scénario le plus prudent, autour de 5 000 $ dans le scénario modéré, et jusqu'à 7 000 $ dans l'hypothèse la plus optimiste — portée notamment par des crises économiques ou géopolitiques majeures poussant les investisseurs vers les valeurs refuges [WEB-AUC-2026].
En 2024, le prix estimé de l'or a augmenté de 23 % par rapport à 2023, atteignant un nouveau record annuel à environ 2 400 dollars l'once [DOC-SHE-2025]. Cette dynamique haussière soutenue renforce la logique spéculative qui caractérise le BAU : l'or est de moins en moins un simple intrant industriel, et de plus en plus un actif de couverture contre les instabilités systémiques.
Sur le plan du bouclage matière, le scénario BAU présente des lacunes structurelles. En 2024, environ 90 tonnes de déchets neufs et anciens ont été recyclées aux États-Unis, représentant environ 45 % de la consommation nationale déclarée [DOC-SHE-2025]. Ce taux, bien qu'élevé comparé à d'autres métaux, reste insuffisant pour compenser à terme le déclin de la production primaire sans une politique active de récupération des gisements urbains (déchets électroniques notamment). Le recyclage représente une réponse partielle mais pas un substitut complet à l'extraction primaire dans le cadre BAU.
Références section 3.4:
[[DOC-SHE-2025] Mineral Commodity Summeries, Kristin N. Sheaffer, consulté le 25/03/2026 https://pubs.usgs.gov/periodicals/mcs2025/mcs2025-gold.pdf
[WEB-AUC-2026], prévision du cours de l’or : tendances et perspectives futures, https://www.aucoffre.com/cours-or/previsions
3.5 Synthèse "Demain et ailleurs"
Synthèse pour le scénario étudié
Le scénario « Business as Usual » appliqué à l'or à l'horizon 2050 dessine un monde où la ressource ne disparaît pas, mais devient progressivement plus coûteuse, plus concentrée géographiquement et plus inégalement accessible. La production primaire mondiale plafonne autour de 3 300 tonnes annuelles tandis que les réserves économiquement exploitables s'amenuisent, créant une pression structurelle sur les prix que ni le recyclage partiel ni les nouvelles découvertes géologiques aussi prometteuses soient-elles ne suffisent à compenser à court terme.
Ce scénario n'est pas catastrophiste : l'or n'est pas une ressource « consommée » au sens strict, et son caractère quasi infiniment recyclable lui confère une résilience que n'ont pas les énergies fossiles. Mais il révèle les fragilités d'un modèle qui continue à traiter un métal rare comme une commodité abondante, sans politique ambitieuse de bouclage des flux ni transformation réelle de la demande. C'est moins la pénurie physique qui menace que la déstabilisation des équilibres économiques et géopolitiques qu'une rareté croissante et mal gouvernée peut engendrer exactement ce que le « business as usual » est structurellement incapable de prévenir.